23 mars 2007

La ciudad que nunca duerme

Buenos Aires, "la ciudad que nunca duerme" (la ville qui ne dort jamais); à en juger par le nombre de lits vides dans les dortoirs les vendredi et samedi soirs, et dans une certaine mesure les autres jours de la semaine, on peut à juste titre, penser qu'elle est à la hauteur de sa réputation. Berceau du Tango, les rues de San Telmo, quartier bohème de la capitale, offrent aux touristes, tous les dimanches, accordéons, couples de danseurs, artisanat, antiquités, peintures et sérigraphies autour de cet art délicat, sensuel et populaire crée par Louis Gardel et qui fait la fierté de tout argentin.

Buenos Aires, le "Paris d'Amérique du sud" est un savant mélange architectural d'immeubles hausmanniens, d'églises romanes et orthodoxes, de bâtiments de style colonial, d'édifices gréco-romains, de larges rues qui s'étendent si loin qu'elles paraissent -effet de la perspective- terriblement étroites. S'y déroulent de longues bobines de fils électriques en forme de toiles d'arraignées qui se rejoignent au centre de chaque rue pour alimenter et suspendre de vieux lampadaires. S'y déploient aussi des rangées de commerces en tout genre formant un bric-à-brac qui donnent à penser aux rues de Milan. L'Italie, bien sûr, plus que tout autres pays européens fait figure d'emblème tant la culture de celle-ci marque l'Argentine. Il y a  l'accent, les mélodies italiennes qui teintent l'espagnol de Buenos Aires, plus que dans n'importe quelle autre province du pays. A tous les coins de rue on trouve des pizzas et des marchands de pâtes "faites maison". Sans oublier la gestuelle des porteños (habitants de Buenos Aires, capital fédéral) qui s'expriment autant avec les mains qu'avec les pieds, et, avec ces derniers, surtout pour faire valoir leur maîtrise du ballon rond, autre fierté nationale qui déchaîne les foules et les passions, peut-être comme nul part ailleurs : les matchs Paris-Saint-Germain contre l'Olympique de Marseille sont une partie de rigolade comparés à ceux qui opposent River Plate à Boca Juniors. La Boca justement, encore un quartier célébrisime, où se cotoient plus que jamais tango et fútbol, chacun ayant élu domicile respectivement aux Caminitos et à la Bombonera, stade mythique de l'équipe.

Buenos Aires, ville en bordue de fleuve, qui s'est construite petit à petit à partir du port et qui a vu de fait ses autres quartiers s'entasser progressivement les uns aux autres. Mais où est le centre? C'est la question qu'on se pose souvent. La Casa del gobierno, siège du pouvoir politique, se situe complètement à l'est de la ville, acollée au désormais très chic et très moderne Puerto Madero, quartier fait de hauts immeubles de verres alternants avec des constructions plus modestes de briques rouges, qui entourent avec beaucoup de charme quatre digues alignées dans lesquelles flottent des bateaux de plaisance et dont un pont, el Puente de la Mujer, très design, tout blanc, aux lignes épurées joint les deux rives opposées. Passée la Plaza de Mayo non loin de là, qui fait face à la Casa del gobierno, on tombe rapidement sur l'Obelisco qui fait tant parler de lui, mais qui n'est pourtant qu'un obélisque parmi tant d'autres. Quoi qu'il en soit, c'est au milieu de l'avenida 9 de Julio, qui par endroits est la plus large au monde, que se dresse le monument à partir duquel s'étirent, en étoiles, quelques principales avenues dont la divine avenida Corrientes, qui ne paye pas de mine le jour, mais qui, de nuit, ressemble paraît-il, à certaines rues new-yorkaises, où, toujours est-il, se déroulent tous les soirs, concerts, opéras, spectacles mondains, bref, des lumières partout, ça brille et ça clignote sur les façades des buildings, pour les avant-premières où le tout-Buenos Aires se précipite; glamour, smoking, robes de soirées, c'est Brodway dans le Paris d'Amérique du sud! J'oubliais de citer les quartiers huppés que sont Palermo et Recoleta et les 38 ou 39 autres quartiers de la capitale, plus pauvres, beaucoup plus pauvres. Voilà, comme toujours, il y a les rencontres : des argentins, des français, des allemends, des américains, des suisses, même des suisses-italiens, des polonais...la liste est longue vous vous en doutez.

Posté par LucAmeSud à 22:24 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur La ciudad que nunca duerme

    salut le basque !

    petit mot de mon appart où je lis tes proses =) agréable à lire, j'apprends des choses, félicitations!

    tiens nous au courant quand tu reviens sur bs as... rien de bien neuf ici mis à part que j'ai eu une petite galère hier avec une demoiselle qui m'a vidé mes poches... elle aurait pu prendre mon coeur, j'aurai préféré!

    hasta luego!
    arthur

    Posté par arthur, 01 avril 2007 à 10:03 | | Répondre
  • juste pour te dire que c'était bien manu chao que tu as croisé il était dans mon avion. profite bien de l'Amérique centrale et a une prochaine !

    Posté par noémie, 02 avril 2007 à 11:16 | | Répondre
  • Bon, autant vous dire que j'ai l'air d'un con. Veronica, une amie argentine vient de me demander de lui traduire mon texte sur Buenos Aires; en arrivant au passage, c'est à dire dès le début du texte, où il est question du Tango, elle me demande les sourcils froncés : mais qui c'est ce Louis Gardel? Aïe! La boulette voilà t-il pas que j' avais écorché la fierté incarnée des argentins. Ce n'est pas louis Gardel, mais Carlos Gardel. Je presente mes excuses publiques à tous les argentins et à Federico Maradona!!!!

    Posté par lucamesud, 22 avril 2007 à 01:16 | | Répondre
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